La Conférence

 

 

Titre : Influence de l’histoire de la céramique et des arts décoratifs à la Renaissance sur le travail de création de Franz FENRIS G., céramiste, à la poterie du Miroir aux Prêles. 

Conférence donnée par l’artiste, accompagnée de plus de 200 vues. 

Durée : deux bonnes heures. 

Programme : 

I)                   Les différentes matières céramiques à la Renaissance.
a)      Terre vernissée.
b)
      Faïences : Iznik ; céramique hispano-mauresque ; majolique.
c)
      Grès : Beauvaisis ; Bourgogne ; Rhénanie.
d)
      Porcelaine des Médicis.

II)       Formes issues des pièces d’orfèvrerie, de verrerie, de céramique et du travail prébaroque de l’ivoire : la place de Nuremberg.

III)     Grammaire des arts décoratifs à la Renaissance.
a)      Entrelacs.
b)
      Mauresques.
c)
      Rinceaux de feuillage.
d)
      Cuirs découpés
e)
      Grotesques.

IV)      Le style rustique.
a)      Création du cabinet de curiosité.
b)
      Wenzel Jamnitzer.
c)
      Joris Hoefnagel.
d)
      Bernard Palissy.
e)
      Saint Porchaire.

 

Présentation. Quelques vues extraites de l’exposé.

 

Très courante au XVème siècle en Turquie ottomane ou dans la Valence hispano-mauresque, la coupe godronnée est largement reprise en Italie au XVIème ; ici à gauche et au centre, c’est la crespina. A droite, caractérisé par une aile large et plate, un marli bien marqué et un fond creux, le tondino ou petit plat rond est également une création orientale du XVème siècle très répandue dans l’Italie du XVIème.

Sa version large en étain donnera le plat « cardinal » au XVIIème.

Egalement venus de Turquie ottomane au XVème siècle, via la plaque tournante commerciale et culturelle que fut Venise au quattrocento, de nouveaux décors ont envahi toutes les surfaces : parmi ceux-ci, les mauresques. Elles sont reprises et réinterprétées par des ornemanistes comme Jacques Androuet du Cerceau, Francisque Pellegrin (Fontainebleau), Virgil Solis (Nuremberg) ou Peter Flötner  (travaille à Nuremberg , mais publications posthumes à Zurich). Ces motifs de mauresques couvrent notamment les armures de nos rois au XVIème siècle et les reliures de beaux livres (au centre). A la poterie du Miroir aux Prêles, Franz Fenris G. reprend ce vocabulaire en réalisant lui-même en terre cuite les outils (à droite) avec lesquels il incruste le grès ou la porcelaine.

L ‘incrustation de terres colorées dans la céramique occidentale trouve ses origines dans les carreaux de pavement dès la fin du XIIème siècle (terre rouge / terre blanche sous un vernis plombifère, l’alquifoux). Le procédé consistait à réserver l’ornement en creux, à la main ou au moyen d’une forme de bois estampée, dans la terre molle servant de support. L’empreinte était ensuite remplie de terre liquide de couleur différente (barbotine). Après un séchage partiel, un arasement soigné restituait le dessin en deux tons.

      

La technique a été portée à son plus haut degré de raffinement et de finesse au XVIème siècle avec la céramique de Saint Porchaire (illustrations ci-dessus), pièces d’exception, destinées exclusivement aux princes. Les décors étaient alors incisés au moyen de fers à dorer les cuirs de reliure.

Connu pour avoir brûlé son mobilier un jour où il était à court de combustible pour cuire ses céramiques exceptionnelles (ci-dessus), Bernard Palissy (1510-1590) est une figure remarquable de l’expression du style rustique au XVIème siècle. Cette tendance européenne à employer des moulages d’animaux et végétaux d’après nature a notamment trouvé d’éblouissants défenseurs en Wenzel Jamnitzer (1508-1585), orfèvre à Nuremberg ou Joris Hoefnagel (1542-1600), enlumineur miniaturiste flamand. Ce style rustique se rattache autant à la mode croissante des cabinets de curiosités naturelles chez les princes de la Renaissance qu’à un élan de l’humanisme savant vers ce que l’on appellera plus tard les sciences naturelles… on retient souvent de Palissy la figure fantasque et l’on oublie le fondateur de la géologie moderne. Franz Fenris G. mêle à ses compositions coquillages et ammonites comme autant de clins d’œil à cet aspect des arts décoratifs de la Renaissance.

 

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